La domestication et la naissance du chien
Évidemment, tout comme l’homme, les origines du chien suscitent de nombreuses discussions. Il y a différents courants de pensée sur la manière et l’endroit où le loup est devenu chien.
Alors que les archéologues se basent sur les ossements, les généticiens se basent sur l’ADN, créant une controverse puisque les résultats diffèrent. Les généticiens pensent que le chien vient de Chine, tandis que les archéologues pensent que la domestication s’est faite dans toutes les régions où l’homme et le loup sont entrés en contact.
Cependant, les scientifiques s’accordent sur deux foyers de domestication : l’un en Europe occidentale et l’autre en Asie de l’Est. C’est la seule espèce domestiquée au Paléolithique supérieur
Récemment, un troisième foyer a été découvert au Moyen-Orient. Les études génétiques montrent que le loup de Taymyr, une espèce éteinte vivant en Sibérie il y a 27 000 à 30 000 ans, a contribué significativement au patrimoine génétique de certaines races modernes, comme le Husky sibérien et le Malamute d’Alaska. Les analyses ADN indiquent qu’il y a eu un flux génétique entre les loups de Taymyr et les ancêtres des chiens domestiques qui se sont ensuite dispersés dans les régions arctiques. Cela pourrait expliquer certaines de leurs caractéristiques physiques et comportementales adaptées aux environnements froids et rigoureux.
Dogor, chiot découvert dans le pergélisol de Sibérie , né il y a 18 000 ans! (source Apost team)
Il apparaît que la domestication du loup ou du chien soit bien plus ancienne que ce que l’on imaginait. Ce processus s’est déroulé par étapes, sur plusieurs millénaires, et a varié selon les régions.
Il est important de noter que le chien a été domestiqué à partir d’une lignée de loups aujourd’hui éteinte, plutôt que du loup tel que nous le connaissons actuellement.
Avec l’apparition de l’agriculture, le chien s’est adapté à « son humain », modifiant son alimentation et sa morphologie. Ainsi, il a acquis la capacité de digérer l’amidon, contrairement au loup qui avait un régime essentiellement carné.
De plus, le chien a développé une hormone, l’ocytocine, liée à l’affectivité. Les généticiens ont découvert que les chiens possèdent des marqueurs génétiques que l’on retrouve chez les personnes atteintes du syndrome de Williams-Beuren, un trouble caractérisé par des retards de développement et un comportement « hypersocial ». Les variations des gènes GTF2I et GTF2IRD1 semblent être à l’origine de l’hyper-sociabilité des chiens, un facteur clé de leur domestication qui les distingue des loups.
photo Edmond Demaître, 1930-1935, Tabouri, côte méridionale de Polynésie Nouvelle-Guinée / Steeve Leulier Akakus libye / tribu Awa
En conclusion, la domestication des chiens est un processus complexe et ancien, marqué par des adaptations biologiques et comportementales significatives. Cette histoire illustre la profonde interaction entre les chiens et les humains, façonnant l’évolution de ces animaux de manière unique et indissociable de notre propre histoire.